05.02.2010
Ton enfance s'est dissipée
Ton enfance s'est dissipée,
Comme le thé
Dans un nuage de lait.
Dans l'iris bleu de tes yeux
Soudain,
Je ne l'ai plus trouvée.
Je l'ai cherchée,
J'ai tout retourné
De la cave au grenier.
Partout je l'ai pistée,
Jusqu'au fond de ton cœur
Où se mêlaient
Sirop grenadine et mascara violet.
L'enfance était partie.
Au creux de tes prunelles
Dans l'éclat de ton rire
Brillait l'étincelle
De la femme à venir.
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02.02.2010
Fête du livre jeunesse (bis)



Aujourd'hui, c'était le bon jour. Nous sommes allées, ma fille aînée et moi à la fête du livre qui se tient depuis 26 ans à Saint-Paul-Trois-Châteaux. Un petit salon bien sûr, au regard de celui de Montreuil. Mais qu'importe ? La passion était là, et c'est l'essentiel. Ce qui frappe d'emblée, c'est la multiplicité des talents d'illustrateurs et d'écrivains. Des ateliers divers sont proposés ainsi que des rencontres avec les auteurs. Nous nous sommes rendues à une conférence tenue par deux illustrateurs-auteurs belges qui publient des albums pour les jeunes enfants : Mario Ramos et Michel Van Zeveren. Ils ont avec enthousiasme expliqué leur façon de travailler, le lent mûrissement des albums, leurs sources, leur façon de réécrire les histoires traditionnelles comme le Petit Chaperon Rouge ou Cendrillon. Et bien sûr ils nous ont donné envie de découvrir leurs univers respectifs. Au milieu de la salle -, installés en cercle, les auteurs étaient présents. Dire que l'on peut vraiment discuter avec eux serait exagéré car nous sommes très nombreux à vouloir acheter leurs livres et à leur demander une dédicace. Cependant ce foisement de visages accueillants, de présence réelle, d'œuvres à découvrir est réjouissant.Nous aurions volontiers acheté des piles de livres et d'albums, mais la raison a dû l'emporter. Nous avons acquis quatre livres et deux albums et nous sommes reparties ravies de notre matinée et un peu plus riches de toutes ces rencontres.
08:37 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
24.01.2010
Une vie toute neuve
Nous sommes allés au cinéma voir "Une vie toute neuve", un long métrage sud coréen, un de ces films qui ne sont à l'affiche que dans les salles d'Art et Essai et donc que peu de gens auront le plaisir de voir. Mais nous, nous avons eu le bonheur de le voir, de nous laisser émouvoir, happer, bouleverser par cette histoire tirée de la vie même de la scénariste et réalisatrice, Ounie Lecomte.
Le film commence par une scène où la petite Jinhee, juchée à l'avant du vélo de son père, savoure de tout son être la joie d'être avec lui. Puis, après une série de courts tableaux où l'on voit le père et l'enfant faire des courses (chaussures, robe, manteau), puis prendre un car qui traverse des zones désertiques, acheter un énorme gâteau, nous sommes amenés devant une bâtisse en mauvais état, fermée par un énorme portail où jouent des enfants. Et là, le père abandonne sa fille, sans explication, sans au revoir, brutalement pour ne pas souffrir, du moins je le suppose. La petite Jinhee refuse de tout son être cet abandon. Le film nous raconte avec beaucoup de délicatesse, le passage douloureux entre l'abandon et l'adoption. La fillette souffre profondément. Elle refuse l'idée même de l'adoption et donc n'essaye pas de séduire les éventuels parents adoptifs. Jusqu'au jour où elle comprend que son père ne reviendra jamais. Dans une scène poignante, elle creuse dans le jardin de l'orphelinat une tombe où elle s'enterre, mettant ainsi un terme à sa vie passée, définitivement morte. Les personnages du film sont tous attachants : les enfants, tellement beaux dans leur fraîcheur et leur spontanéité, les religieuses, la surveillante, le directeur, chacun plein d'humanité et de patience pour ces enfants blessés. La petite Kim Sae-ron qui interprète Jinhee est vraiment étonnante. Elle joue avec justesse et pudeur et ses larmes, discrètes nous émeuvent jusqu'aux larmes.
Ce film m'a rappelé quelque chose que jai vécu avec un de mes élèves. Nous avions travaillé sur un texte de Jules Vallès, tiré de l'œuvre autobiographique L'enfant. Á la fin du cours un garçon d'origine asiatique que j'appréciais beaucoup, est resté pour me parler. Le texte sur cet enfant mal aimé avait ramené à la surface un souvenir douloureux jamais guéri. Alors qu'il avait sept ou huit ans sa mère l'avait conduit dans un orphelinat où elle l'avait abandonné sans un mot d'adieu. Il l'avait revue à plusieurs reprises mais jamais elle ne l'avait regardé. J'ai su par la suite qu'après son bac ce garçon sensible et brillant avait eu une grave crise d'identité. Je ne sais ce qu'il est devenu.
22:01 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note























