10/04/2011
La couleur des sentiments
Dernière note, du moins pour le moment, de mes récentes lectures.
J'ai littéralement dévoré La couleur des sentiments de Kathryn Stockett. Un premier roman et une réussite totale.
Grâce à une narration polyphonique, Kathryn Stockett raconte la vie des bonnes noires et de leurs patronnes dans la ville de Jackson, Mississipi, en pleine période ségrégationniste. L'action se déroule sur deux ans, avant et après l'assassinat de John Kennedy et au moment de la lutte en faveur des droits civiques. Trois femmes que tout sépare, les noires Aibileen et Minny et la blanche Skeeter, se trouvent unies dans une même entreprise, hautement risquée : la publication d'un livre de témoignages sur les conditions de travail des bonnes noires dans les familles blanches du Sud. Á travers les récits de chacune de ces femmes, nous découvrons en profondeur la mentalité du Sud de cette époque, les préjugés qui séparent les deux communautés, tel un mur infranchissable, l'injustice des lois ségrégationnistes, le racisme et sa cohorte de violences. Rien de nouveau en somme, et en même temps le regard neuf sur tout cela d'une jeune femme issue de cette région. Rien de manichéen dans ce récit. Il n'y a pas les gentils noirs d'un côté et les méchants blancs, mais des portraits nuancés de femmes et d'hommes qui ont tous leurs raisons pour être ce qu'ils sont. Un beau récit sur l'injustice, l'amitié, le respect, mais aussi l'orgueil et le snobisme.
Seule la traduction du titre me semble bien falôte. Le titre anglais est The Help et me semble nettement plus juste.
15:17 | Lien permanent | Commentaires (1)
09/04/2011
Les Déferlantes
J'ai enfin lu ce beau roman dont tout le monde me parlait. J'avais une certaine réticence. En effet, j'avais été déçue par le dernier opus de Claudie Gallay L'AMOUR EST UN ÎLE dont l'histoire se déroulait en Avignon, ma ville, durant le festival. C'était le premier roman de cette écrivaine que je lisais et j'avoue que je n'avais pas pu m'attacher aux personnages ni au style d'écriture. C'est donc sur la pointe des pieds que j'ai pénétré dans Les déferlantes. J'ai immédiatemnt été happée par l'histoire. Une narration à la première personne, des personnages taiseux, pour la plupart repliés dans le coquille de leur passé blessé et, pour certains, rongés par la rancune comme les voitures sur le quai du petit port sont rongées par le sel des embruns.
L'histoire, dont je ne dirais rien, de peur de trop dévoiler, se déroule lentement, au rythme de la vie près de La Hague, au milieu des oiseaux, des effluves marins et des nuages. Les déferlantes, ce sont ces énormes vagues qui se déchaînent lors de tempêtes, mais ce sont aussi celles des vies. Petit à petit les pièces du puzzle se mettent en place,et le secret de toutes ces existences ordinaires et fortes est révélé.
08:51 | Lien permanent | Commentaires (0)
08/04/2011
Ce que sais de Vera Candida
Deuxième note à propos de mes récentes lectures : Ce que je sais de Véra Candida de Véronique Olivadé.
L'histoire, ou plutôt les histoires, se situent dans un pays imaginaire de l'Amérique du Sud. Imaginaire, certes, mais tellement vrai que nous saisit l'envie de le chercher sur une carte. En effet, la présence de l'océan, le climat, le passé de dictature sanglante, le refuge pour ancien nazis nous fait penser à l'Argentine.
Trois femmes, mères et filles, trois destins. Rose, Violette et Véra Candida. Cette dernière est la seule à finir par découvrir ses origines, à briser le cycle de la misère et de la violence.Courageuse et libre comme Rose sa grand-mère, elle fuit l'île de Vatapuna où elle vit depuis sa naissance pour cacher à sa grand-mère sa grossesse issue d'un viol. Son passé fait d'elle une femme déterminée, parfois dure car ses blessures la rendent méfiante même à l'égard de celui qui l'aime par-dessus tout.
L'écriture mêle beauté des descriptions, toujours sobres en même temps et une certaine familiarité du langage qui correspond aux différents personnages. Je ne sais pas pourquoi, mais en lisant ce roman je pensais à Sépulvéda.Il me semblait que de l'encre sud-américaine coulait de ce stylo.
12:26 | Lien permanent | Commentaires (0)












































