01/03/2009
Slumdog Millionaire
Cela commence par des enfants qui jouent au base-ball. La caméra nous montre leurs visages, magnifiques et sales. Des enfants guenilleux qui explosent de vie. Ils jouent sur un petit terrain d'aviation indifférents au danger dont nous ne prenons nous-mêmes conscience que lorsqu'un coucou décolle sans prêter attention à leur présence. La police survient alors pour chasser les enfants qui s'enfuient comme une volée de moineaux. S'en suit une course-poursuite folle à travers le bidonville. Ce bidonville nous le contemplons de plus en plus haut, au fur et à mesure que la caméra s'éloigne du sol. C'est un bidonville gigantesque, un slum fait de taules rouillées et de cartons. Vu de très haut il ressemble à un tableau abstrait. La laideur engendre la beauté.
Tout le film fonctionne par flash-back. Jamal Malik, le héros, est sur le point de gagner le gros lot au jeu " Qui veut gagner des millions". Mais il est un pauvre enfant des bidonvilles qui sait tout juste lire. Le présentateur du jeu le soupçonne de tricher tant l'idée qu'un slumdog puisse connaître les réponses à son jeu lui semble impossible. Il est emmené par la police qui veut lui faire avouer sa tricherie. Le policier chargé de l'interrogatoire voyant l'inutilité de la torture, interroge le garçon : Comment as-tu pu répondre à ces questions alors que tu es ignare ?
Suit alors un jeu de mise en scène que certains trouveront redondant. Á chaque question posée, un flash-back nous explique pourquoi Jamal connaît la réponse. Á travers ce jeu d'aller-retour entre présent et passé on découvre la vie douloureuse de Jamal. Et cela fait mouche. On est bouleversé par ces orphelins qui tombent entre les mains d'êtres sans scrupules. Sous couvert d'un conte de fées moderne, l'auteur fait la satire des jeux d'argent et la critique d'une société aux contrastes criants : richesse et misère, beauté et laideur, luxe et crasse, taudis et palaces. Jamal Malik traverse cette vie sans jamais renoncer à son amour d'enfance et en conservant une grande intégrité morale. Le réalisateur nous maintient sous tension grâce à un mélange subtil de scènes difficiles et de moments lumineux ou pleins d'humour.
C'est un beau film auquel on pense longtemps après.
16:34 | Lien permanent | Commentaires (2)
28/02/2009
Fais-moi un signe… Crise d'ego
Le mois de février s'achève, et j'aimerais demander aux quelques personnes qui me lisent une petite évaluation( oh ! le vilain mot ! ) de ce qu'elles ont découvert sur mon blog. Pourquoi cela me direz-vous ? Crise d'ego ? Je ne pense pas. J'ai tout simplement besoin de communiquer. J'ai créé ce blog pour faire des gammes en quelque sorte, pour retrouver le goût d'écrire. Ce n'est pas, comme vous l'avez constaté, un journal intime ou une lettre de nouvelles. Ce sont mes humeurs, bonnes ou mauvaises, mes coups de cœur littéraires ou autre, mes découvertes, parfois une histoire que j'ai imaginée. Alors, faites-moi un signe, pas tous les jours bien sûr, mais de temps à autre. Juste pour le plaisir de vous rencontrer.
17:21 | Lien permanent | Commentaires (4)
27/02/2009
Indigestion
Je n'aime pas certaines librairies qui vendent des livres comme d'autres vendent des chaussures, des frigos ou des pizzas. Notez que je n'ai rien contre le fait de vendre les produits précédemment cités, je me chausse, j'ai besoin de temps à autre de m'acheter de l'électro-ménager et je ne déteste pas manger une bonne pizza. Inutile de nommer ces hyper-librairies, tout le monde les connaît.
Bien que je ne les aime pas, il m'arrive de les fréquenter. Manque de temps, paresse à l'idée de devoir aller au centre-ville. Un jour, je pousse les portes de l'antre et j'entre, pleine d'envies, comme je le ferais dans une pâtisserie. Je musarde, je furète, je lis quelques pages. Et soudain, je me sens envahie par le doute. Les livres sont partout ! Têtes de gondole alléchantes, racoleuses, piles entassées sans goût, étagères surchargées. Un monceau de choses écrites à propos desquelles personne ne peut me donner un véritable avis. Qui accepterait de me guider parmi tous ces noms que je ne connais pas ? Comment savoir ce qui vaut le détour et ce qui n'est qu'un mirage ? Un malaise s'installe en moi. J'ai sélectionné quelques œuvres dont j'ai entendu parler. Soudain, elles pèsent dans mon panier plastique comme un hamburger dégoulinant de gruyère sur mon estomac. Alors que j'aimerais les lire, voire les posséder, je les regarde avec dégoût. Je sens monter en moi une légère nausée. Trop de livres tue le livre. Discrètement je les repose tous là où je les ai pris, et je m'enfuis, vite, vite loin de cette caverne où les Ali Baba de l'imaginaire perdent leurs trésors. C'est juré, la prochaine fois je prendrai le temps de me garer, d'aller au centre ville et de fouiner avec bonheur parmi les rayons de L'eau Vive, ma librairie préférée !
21:17 | Lien permanent | Commentaires (1)












































