25/03/2009
Le "S"
Souple, sensible, entre le R rigide et le T entêté, le S se glisse dans les sons suaves de mes stances.
S,S,S, soupire sourdement mon cœur,
S comme silence,
S, comme sourire.
S, serpent espiègle qui saisit mon âme puis s'étend secrètement
Sur le sable de mes songes.
SSS, susurre le S sur le sombre sentier de la solitude,
Avant de savourer, soudain, le souvenir du seringat en fleur.
Stupeur, instant saisissant pour le S qui s'étonne d'être source de vie,
Et source de soleil.
11:25 | Lien permanent | Commentaires (2)
24/03/2009
Clandestin (suite et fin)
J'ai écrit il y a quelque temps à propos d'un africain clandestin dont nous avons croisé la route et que nous avons tenté d'aider

avec nos petits moyens. Quand je dis nous, j'entends par là un nombre important de personnes.
Ce matin, à 6h il a pris l'avion pour rentrer chez lui, seul avec pour unique fortune deux énormes valises, quelques euros, des dents refaites et un dos fragile. Et dans ce corps immense un cœur en miettes. En effet, une autre forme d'exil l'attend là-bas. Sa famille est dispersée entre l'Allemagne et les Etats-Unis. Il lui reste un cousin proche, peut-être quelques amis. Alors qu'il rentre avec un sentiment d'échec, aucune perspective d'avenir, il sait que son retour va susciter des envies et un défilé de pique-assiettes dont la tradition le rendra prisonnier. Dans l'avion le poids du chagrin n'est pas pris en compte, heureusement. Son seul atout est sa foi en Dieu qui n'abandonne pas ses enfants. La foi peut déplacer les montagnes, puisse la sienne lui permettre de retraverser les océans comme il le désire.
10:46 | Lien permanent | Commentaires (1)












































