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15/01/2010

Être une mouche

images.jpg Hier nous avons mis notre troisième enfant dans l'avion pour Angleterre, où elle part pour six mois. Assise à côté d'elle dans le hall de l'aéroport, je me suis dit que pour une fois j'aimerais être une mouche. Vu que c'est l'hiver, une mouche équipée d'un cache-nez et de boots pour affronter la neige. Donc, étant une mouche, je me logerais dans l'une des poches du manteau de ma fille, bien au chaud, entre deux kleenex. Je ressentirais certainement quelques émotions au décollage, mais je sais que j'affronterais avec courage cette redoutable épreuve. Pelotonnée au fond de sa poche, je la verrais transporter son énorme valise, je l'entendrais tenter désespérément de comprendre les anglais, et je pourrais lui murmurer : "Courage, tout va bien. " Le problème avec ce voyage sous forme de mouche c'est qu'il me faudrait revenir en France à temps pour aller faire les soldes avec ma sœur et  me rendre à un rendez-vous important. Trouver un vol pour Marseille ne poserait aucun problème, mais une fois revenue à l'aéroport, il me faudrait rejoindre mes pénates à vol de mouche car la voiture familiale ne m'aurait pas attendue. Imaginez une pauvre mouche, munie de son cache-nez, affrontant le vent violent de Marseille. Je finirais écrasée sur un pare-brise et avouez que ce serait une triste fin pour une mouche pleine de courage. Après avoir pris en compte toutes ces considérations, j'ai finalement renoncé à me transformer en mouche. J'ai regardé s'éloigner ma fille vers la salle d'embarquement, le cœur tremblant, pleine de regrets, malgré tout,  de n'avoir pas rejoint le fond de sa poche.