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10/09/2009

Montgolfière

images.jpgIls sont six, plus le capitaine. Á eux tous ils cumulent 502 ans. Au décollage ils sont heureux, comme des enfants devant le sapin de Noël, d'autant plus qu'il fait un temps magnifique. Qui sont-ils ?  Un groupe de frères et sœurs appartenant au " troisième âge" dont le plus jeune frise les 75 ans et la plus âgée 92 ans. Tout ce petit monde fête les 90 ans de l'un d'entre eux, un moine du Mont Saint Michel féru de photos. Mais que peut-on offrir à un moine qui a depuis des lustres fait vœu de pauvreté, renoncé au monde et à ses tentations ? Le dernier I-pod ? Une semaine de thalasso ? Un nouveau  costume ? Que nenni. Á celui qui croit au ciel il faut offrir l'occasion d'approcher de plus près cet azur infini dans lequel, un jour prochain, il ira se fondre. Alors voici nos cinq compères, excités par l'aventure, partant à l'assaut de dame montgolfière. Les articulations craquent un peu, la souplesse fait défaut, mais chacun parvient à se hisser dans la nacelle, paré pour le voyage. Peut-être l'esprit de Jules Verne flotte-t-il au-dessus d'eux, riant avec eux, s'extasiant de même. Tout en bas, les gens leur font des signes, leur adressent d'amicales paroles. L'air est frais, juste ce qu'il faut. Quelle griserie de survoler les villages et les bois. Nul n'attrape l'ivresse des sommets, chacun engrange un peu plus de joie de vivre, un instant de folie. Et la montgolfière se gonfle, se gonfle, monte avec allégresse jusqu'à 1700m, fière de ses passagers dont pas un ne crie grâce. Si elle osait, elle les garderait avec elle, les conduirait vers les étoiles et leur permettrait de rencontrer la rose du Petit Prince qui s'ennuie depuis qu'il l'a quittée.

08/09/2009

Escapade

 

Il est 8h30 du matin. En ce début septembre l'air est agréablement frais. Après les chaleurs d'août cela me remplit d'énergie et de joie. J'avance d'un pas alerte le long du contre-canal du Rhône. L'eau sombre somnole sous les rayons du soleil. Une branche d'arbre, rongée par les castors, se dresse non loin de la rive, étonnée d'être tombée si bas. Quelques canards glissent sans bruit, frôlent la berge. Un pêcheur lutte avec sa canne à pêche dont la ligne s'enfonce. Je croise un homme qui promène son chien, un couple mal assorti, elle est âgée, souriante et elle tient par la main un homme plus jeune, probablement d'origine arabe, qui marche comme un robot sans vie. Quelques cyclistes me dépassent, un autre arrive en face de moi et me gratifie d'un large sourire. Lumière et ombre se croisent et s'opposent sur l'eau. La chaleur augmente pas à pas. Le ciel est d'un bleu éclatant. C'est un magnifique début de journée, un privilège de provinciale.